Kama Kamanda: une voix pour l'Afrique

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Entretien avec Kama Kamanda, le 4 avril 2005

 

1. Qu’est-ce que vous voulez exprimer dans votre poésie?

Ma poésie parle de l'homme et de la femme de tous les continents qui luttent
pour un humanisme réel et juste où les rêves de chacun deviennent possibles.

C'est une poésie de la vie, de l'amour, de l'espoir et de l'exaltation des
valeurs favorables à l'épanouissement de l'individu au sein d'une
collectivité dont l'harmonie dépend de la contribution de chacun.


2. Parmi tous les pays que vous avez visités, lequel est celui qui vous a le
plus inspiré? Pourquoi?

Il est sans doute que l'Égypte reste l'une des sources premières de mon
inspiration car c'est le pays de mes ancêtres, mais aussi celui qui a donné
à l'humanité la première et la plus rayonnante des civilisations.

Ensuite, vient la République démocratique du Congo, mon pays natal, qui
traverse des moments difficiles, faits de tragédies et de rêves brisés, à
cause de la folie des hommes. La souffrance des peuples constitue pour moi
une raison d'écrire la poésie. Je prends part aux luttes de tous ceux qui
désespèrent, mais aussi de tous ceux qui résistent à la fatalité et aux
méfaits des usurpateurs dans l'espoir d'un meilleur monde.


3. L'indépendance de la République démocratique du Congo et d’autres pays
africains a-t-elle eu des conséquences positives pour la culture et la
littérature de ces pays?


Oui, car aucun peuple ne peut accepter de vivre sous domination étrangère
plus longtemps. Toute colonisation va de pair avec les humiliations des
peuples autochtones. En ma qualité de poète, je ne peux donc que me réjouir
des indépendances africaines. Cependant, l'absence de politique culturelle
fait que les créateurs et les acteurs culturels africains manquent de
visibilité sur le plan international.

J'espère que les cultures et les littératures des pays africains connaîtront
avec le temps un meilleur développement et une véritable reconnaissance.



4.  Quel est votre espoir pour l'avenir de l'Afrique et de ses habitants?

J'espère apporter ma contribution à la démocratisation de l'Afrique en
général et de la République démocratique du Congo en particulier. La
démocratie ne peut s'imposer en Afrique que par le respect de la
Constitution qui garantit le bon fonctionnement des institutions, mais aussi
le respect des droits et des libertés individuelles. Mon combat pour l'Afrique
consiste à expliquer aux Africains l'importance d'une constitution et son
rôle dans le développement de leur pays. Mon écriture tend à responsabiliser
l'homme africain.


5. Quelle est la personne qui vous inspire le plus?

Comme écrivain, j'ai eu l'occasion, très jeune, de lire tous les grands
classiques africains, européens et américains. J'ai particulièrement
apprécié «Le Cahier du retour au pays natal», d'Aimé Césaire, ainsi que l'oeuvre
poétique de Léopold Sédar Senghor, sans oublier Tchicaya U'Tams'i.

J'ai également admiré le théâtre de Wole Soyinka ainsi que les romans de
Ngugi Wa Thiong'o et de Chinua Achebe.


6. Quel est votre plus grand rêve?

Mon plus grand rêve est d'apporter un jour ma contribution à la
démocratisation et au développement de la République démocratique du Congo
par une action politique, mais aussi par l'éducation des masses.

 

7. Où en est votre carrière, à présent?

Je viens de terminer un très grand roman sur l'Afrique à travers lequel je
donne ma vision du Congo en particulier et de l'Afrique en général.

8.  Quel est votre message pour les jeunes du monde?

Mon message est celui de l'amour des autres pour que la paix règne sur la
terre et dans le coeur des hommes, dans un souci de partage, d'équité, de
justice et d'égalité.


9.  Qu'est-ce que l'Afrique pour vous?

C'est une terre d'espoir, de rêve et de passion où chaque homme quelle que
soit la couleur de sa peau, sa religion ou sa classe sociale se sent chez
lui, sans jamais souffrir de préjugé. Malheureusement, les richesses de l'Afrique,
de l'Égypte ancienne jusqu'à ce jour, ont attisé tant de convoitise que
seuls les prédateurs s'y comportent comme dans un Far West. L'Afrique est
comme une belle femme qui plait à tous parce qu'elle est encore jeune et
belle. Quand elle n'aura plus toutes ses richesses, les peuples de ce
continent deviendront aussi conquérants que les autres.

 

Dernière mise à jour: 7 juin 2005 Evan Phelps