La Détresse et l'enchantement

Thèmes du texte de Gabrielle Roy

  

(http://www.mta.ca/faculty/arts/canadian_studies/english/about/study_guide/famous_women/)

Source: Roy, Gabrielle. “La Détresse et l'enchantement.”  Panaché littéraire. Ed. Mary J. Baker, et Jean-Pierre Cauvin. Boston: Heinle & Heinle, 1995. (58-64).

 

La Détresse et l’enchantement, l’autobiographie de Gabrielle Roy, a été publiée après sa mort en 1984. Pendant sa jeunesse, au début du XXe siècle, Gabrielle ne pensait pas à la préservation de la langue française. Elle était contente de recevoir ses prix et d’être la plus intelligente de sa classe. Mais, dans son histoire, on entend la voix de Gabrielle adulte qui réfléchit et qui cherche les vraies raisons de la détresse et de l’enchantement de sa vie. Dans son histoire, on découvre que sa jeunesse représentait une quête identitaire dans un monde anglophone où il s’agissait de préserver sa langue et son honneur. Pendant que Roy raconte l’histoire de sa jeunesse, on finit par comprendre que son histoire est celle de la lutte pour une identité unique dans un monde qui opprime des minorités.

« L'exploit, plus encore que d’être parvenue à la fin de mes études, c'était, dans un milieu aussi loin que le nôtre du Québec, d’y être parvenue en français, de même qu'en anglais... Donc, en dépit de la loi qui n'accordait qu'une heure par jour d'enseignement de français dans les écoles publiques en milieu majoritairement de langue française, voici que nous le parlions tout aussi bien, il me semble, qu'au Québec, à la même époque, selon les classes sociales. » (p. 60, l. 81-7)

 

Ici Gabrielle montre la détermination et la résistance de la part des Français aux lois injustes du Manitoba concernant l’éducation et l’identité des Français dans la région au début du siècle. Elle évoque aussi les Québécois qui vivaient bien dans leur province toute française, et elle les compare au succès des Français du Manitoba à conserver leur langue. Qu’est-ce que cela nous dit à propos des Francophones face à l’adversité ?

« À qui, à quoi donc attribuer ce résultat quasi miraculeux? Certes à la ferveur collective, à la présence aussi parmi nous de quelques immigrés français de marque qui imprégnèrent notre milieu de distinction, et surtout sans doute au zèle, à la ténacité de nos maîtresses religieuses, et parfois laïques, qui donnèrent gratuitement des heures supplémentaires à l'enseignement du français, malgré un horaire terriblement chargé. Quelques-unes ne se gênaient pas pour prendre des libertés avec la loi; passionnées et défiantes, elles devaient parfois être retenues par la Commission scolaire; elles auraient pu nous faire plus de mal que de bien.» (p. 60, l. 88-96)

 

Qu’est-ce que cela veut dire de la minorité francophone au  Manitoba? Quelles sont les qualités que Gabrielle a vues dans les gens autour d’elle?

 

« Livrés à nous-mêmes, si peu nombreux, il me semble que c'est la facilité qui nous eût le plus vite perdus. Mais elle nous fut certainement épargnée. Car le français, tout beau, tout bien, nous étions parvenus à l'apprendre, à le préserver, mais, en fait, c'était pour la gloire, la dignité; ce ne pouvait être une arme pour la vie quotidienne. » (p. 60-1, l. 114-18)

 

Peut-être ce passage-ci représente-t-il une des réponses à la manière dont Gabrielle et ses camarades ont été influencés par leur communauté opprimée et en même temps défiante. Qu’est-ce que cela nous montre des jeunes Francophones de cette époque?

« De toute façon, pour passer nos examens et obtenir nos diplômes ou brevets, il nous fallait nous conformer au programme établi par le Department of Education et par conséquent apprendre en anglais la plupart des matières... Cela nous faisait un curieux esprit, constamment occupé à rajuster notre vision. Nous étions un peu comme le jongleur avec toutes ses assiettes sur les bras.»

(p. 61, l. 119-27)

 

Il y a encore des références aux épreuves des Francophones dans le système d’éducation au Manitoba. Selon vous, pourquoi est-ce que Gabrielle insiste sur cette idée?

 

« C’est au théâtre Walter de Winnipeg... que commença pour moi l’enchantement. Il ne s’agissait plus enfin de français, d’anglais, de lange proscrite, de langue imposée. Il s’agissait d’une langue au-delà des langues, comme celle de la musique, par exemple. »

(p. 62, l. 159-64)

 

Ici Gabrielle parle d’une représentation du Marchand de Venise de Shakespeare. Cette scène montre un moment très important dans la vie de Roy. Elle a compris l’inutilité de la lutte des Anglais contre l’instruction de la langue française aux écoles, et aussi elle a réalisé la puissance de la langue et de la littérature.

 

« C’était la première fois que je découvrais à quel point nos adversaires anglophones peuvent nous chérir, quand nous jouons le jeu et nous montrons bons enfants dociles. » (p. 63, l. 231-3)

 

Cette phrase est une réponse ironique à la visite d’un inspecteur du School Board qui est enchanté par Gabrielle et sa maîtrise de l’anglais quand elle récite un passage de Shakespeare. Qu’est-ce qu’elle réalise au sujet de la situation entière des Francophones au Manitoba?

Questions de compréhension

 

  • Selon Roy, quel était le problème de la minorité francophone au Manitoba à cette époque?
  • Qu’est-ce que vous avez appris de l’ampleur de ce problème?
  • Comment est-ce que les gens ont surmonté ces épreuves? et Gabrielle?
  • Est-ce que cela se produit aujourd’hui? Où? Comment?

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