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Émile Zola: réquisitoire contre la guerre

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« L'Attaque du moulin »
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« L'Attaque du moulin »

Source: ifrance.com

Les Prussiens arrivent!

Sommaire

« L’Attaque du moulin » se déroule au début de la guerre franco-prussienne en 1870, dans un petit village qui s’appelle Rocreuse. Au début de l’histoire, il y a le père Merlier, un meunier qui habite avec sa fille Françoise dans le seul moulin de Rocreuse. Une grande fête anime le moulin, et tout le monde sait que cette nuit le père Merlier va fiancer sa fille à Dominique, un homme belge qui habite au bord de la forêt de Gagny, la ville voisine. Dominique est connu pour sa paresse, mais depuis qu’il a demandé au père Merlier s’il pouvait se marier avec sa fille Françoise, il a montré à tout le monde qu’il était un travailleur très fort. Donc, le père Merlier annonce les fiançailles de Françoise et Dominique au début de l’histoire. La date du mariage est fixée pour la fête de Saint-Louis, le 25 août. Mais les gens chuchotent de la guerre avec des Prussiens qui pourraient arriver à Rocreuse. Finalement, un mois plus tard, les Prussiens qui arrivent et attaquent le moulin…

Thèmes principaux

 

Le moulin : (lignes 7- 16)

 

« Il se trouvait juste au milieu de Rocreuse, à l'endroit où la grand-route fait un coude. Le village n'a qu'une rue, deux files de masures, une file à chaque bord de la route ; mais là, au coude, des prés s'élargissent, de grands arbres, qui suivent le cours de la Morelle, couvrent le fond de la vallée d'ombrages magnifiques. Il n'y a pas, dans toute la Lorraine, un coin de nature plus adorable. A droite et à gauche, des bois épais, des futaies séculaires montent des pentes douces, emplissent l'horizon d'une mer de verdure ; tandis que, vers le midi, la plaine s'étend, d'une fertilité merveilleuse, déroulant à l'infini des pièces de terre coupées de haies vives. »

 

Le moulin fonctionne comme le cœur de Rocreuse. Il est « au milieu » de Rocreuse et il est aussi la plus grande construction du village. Rocreuse dépend du moulin parce que le père Merlier, qui possède le moulin, est le plus riche du village, et aussi le maire. C’est une structure magnifique et fière, avec une roue qui tourne toujours comme le battement du cœur humain.

 

La nature : (lignes 16-37)

 

« Mais ce qui fait surtout le charme de Rocreuse, c'est la fraîcheur de ce trou de verdure, aux journées les plus chaudes de juillet et d'août. La Morelle descend des bois de Gagny, et il semble qu'elle prenne le froid des feuillages sous lesquels elle coule pendant des lieues ; elle apporte les bruits murmurants, l'ombre glacée et recueillie des forêts. Et elle n'est point la seule fraîcheur: toutes sortes d'eaux courantes chantent sous les bois; à chaque pas, des sources jaillissent; on sent, lorsqu'on suit les étroits sentiers, comme des lacs souterrains qui percent sous la mousse et profitent des moindres fentes, au pied des arbres, entre les roches, pour s'épancher en fontaines cristallines. Les voix chuchotantes de ces ruisseaux s'élèvent si nombreuses et si hautes, qu'elles couvrent le chant des bouvreuils. On se croirait dans quelque parc enchanté, avec des cascades tombant de toutes parts.
En bas, les prairies sont trempées. Des marronniers gigantesques font des ombres noires. Au bord des prés, de longs rideaux de peupliers alignent leurs tentures bruissantes. Il y a deux avenues d'énormes platanes qui montent, à travers champs, vers l'ancien château de Gagny, aujourd'hui en ruines. Dans cette terre continuellement arrosée, les herbes grandissent démesurément. C'est comme un fond de parterre entre les deux coteaux boisés, mais de parterre naturel, dont les prairies sont les pelouses, et dont les arbres géants dessinent les colossales corbeilles.
Quand le soleil, à midi, tombe d'aplomb, les ombres bleuissent, les herbes allumées dorment dans la chaleur, tandis qu'un frisson glacé passe sous les feuillages.

Et c'était là que le moulin du père Merlier égayait de son tic-tac un coin de verdures folles. La bâtisse, faite de plâtre et de planches, semblait vieille comme le monde. Elle trempait à moitié dans la Morelle, qui arrondit à cet endroit un clair bassin. Une écluse était ménagée, la chute tombait de quelques mètres sur la roue du moulin, qui craquait en tournant, avec la toux asthmatique d'une fidèle servante vieillie dans la maison. Quand on conseillait au père Merlier de la changer, il hochait la tête en disant qu'une jeune roue serait plus paresseuse et ne connaîtrait pas si bien le travail; et il raccommodait l'ancienne avec tout ce qui lui tombait sous la main, des douves de tonneau, des ferrures rouillées, du zinc, du plomb. La roue en paraissait plus gaie, avec son profil devenu étrange, tout empanachée d'herbes et de mousses. Lorsque l'eau la battait de son flot d'argent, elle se couvrait de perles, on voyait passer son étrange carcasse sous une parure éclatante de colliers de nacre.
La partie du moulin qui trempait ainsi dans la Morelle avait l'air d'une arche barbare, échouée là. »

 

Zola essaie de nous montrer la beauté et la magie du bois de Gagny en toute sa verdure. Aussi, il y a la tranquillité de La Morelle, le fleuve qui passe près du moulin du père Merlier. La verdure du bois de Gagny représente la paix, la tranquillité, et tout ce qui dans la nature est innocent et parfait. Il est important de faire attention à ces détails parce que la nature, qui est pleine de vie au début de l'histoire, sera transformée par la guerre.

 

La destruction : (lignes 344-361)

« Un déchirement se fit entendre, des coups isolés suivirent. Françoise, agitée d'un tremblement, avait porté malgré elle les mains à ses oreilles. Dominique, derrière les soldats, regardait; et, quand la fumée se fut un peu dissipée, il aperçut trois Prussiens étendus sur le dos au milieu du pré. Les autres s'étaient jetés derrière les saules et les peupliers. Et le siège commença.
Pendant plus d'une heure, le moulin fut criblé de balles. Elles en fouettaient les vieux murs comme une grêle. Lorsqu'elles frappaient sur de la pierre, on les entendait s'écraser et retomber à l'eau. Dans le bois, elles s'enfonçaient avec un bruit sourd. Parfois, un craquement annonçait que la roue venait d'être touchée. Les soldats, à l'intérieur, ménageaient leurs coups, ne tiraient que lorsqu'ils pouvaient viser. De temps à autre, le capitaine consultait sa montre. Et, comme une balle fendait un volet et allait se loger dans le plafond :
- Quatre heures, murmura-t-il. Nous ne tiendrons jamais.
Peu à peu, en effet, cette fusillade terrible ébranlait le vieux moulin. Un volet tomba à l'eau, troué comme une dentelle, et il fallut le remplacer par un matelas. Le père Merlier, à chaque instant, s'exposait pour constater les avaries de sa pauvre roue, dont les craquements lui allaient au cœur. »

 

Au cours de l’histoire, Zola, un écrivain plutôt socialiste, personnifie la destruction provenant de la guerre par ses descriptions du moulin percé par des balles prussiennes et aussi la verdure détruite par les canons. Peu à peu, le moulin tombe en ruine et le cœur de Rocreuse se meurt.

 

L’amour : (lignes 385-397 ; 419-430)

« A ce moment, Françoise poussa un cri. Une balle, qui avait ricoché, venait de lui effleurer le front.
Quelques gouttes de sang parurent. Dominique la regarda; puis, s'approchant de la fenêtre, il lâcha son premier coup de feu, et il ne s'arrêta plus. Il chargeait, tirait, sans s'occuper de ce qui se passait près de lui ; de temps à autre seulement, il jetait un coup d'oeil sur Françoise. D'ailleurs, il ne se pressait pas, visait avec soin. Les Prussiens, longeant les peupliers, tentaient le passage de la Morelle, comme le capitaine l'avait prévu ; mais, dès qu'un d'entre eux se hasardait, il tombait frappé à la tête par une balle de Dominique. Le capitaine, qui suivait ce jeu, était émerveillé. Il complimenta le jeune homme, en lui disant qu'il serait heureux d'avoir beaucoup de tireurs de sa force. Dominique ne l'entendait pas. Une balle lui entama l'épaule, une autre lui contusionna le bras. Et il tirait toujours…

Cependant, Dominique était resté seul dans la salle. Il tirait toujours, n'entendant rien, ne comprenant rien. Il n'éprouvait que le besoin de défendre Françoise. Les soldats étaient partis, sans qu'il s'en doutât le moins du monde. Il visait et tuait son homme à chaque coup. Brusquement, il y eut un grand bruit. Les Prussiens, par-derrière, venaient d'envahir la cour. Il lâcha un dernier coup, et ils tombèrent sur lui, comme son fusil fumait encore.
Quatre hommes le tenaient. D'autres vociféraient autour de lui, dans une langue effroyable. Ils faillirent l'égorger tout de suite. Françoise s'était jetée en avant, suppliante. Mais un officier entra et se fit remettre le prisonnier. Après quelques phrases qu'il échangea en allemand avec les soldats, il se tourna vers Dominique et lui dit rudement, en très bon français :
- Vous serez fusillé dans deux heures. »

L’amour est un thème très important dans l’histoire. Zola décrit les actions de Dominique, qui défend aveuglément son amour Françoise, comme une lutte humaine qui déclenche des actions presque animales. Zola nous montre que l’amour de Dominique pour Françoise est aveugle, mais la guerre est aussi aveugle. Françoise et Dominique veulent se marier, mais la guerre interrompt leurs projets de mariage et finit par les détruire.

Questions de compréhension

Partie I

Quelle est la signifiance de la verdure au commencement de l’histoire ?

Que représente le moulin dans l’histoire ?

Pourquoi est-il important que Dominique soit belge ?

 

Partie II

Quelle est la signifiance de la date de la fête de Saint-Louis ?

De quoi les gens de Rocreuse avaient-ils peur ?

Comment sait-on que Dominique aime Françoise ?

 

Partie III

Qu’est-ce qui arrive à Dominique ?

Qu’est-ce que Françoise convainc Dominique de faire ? Pourquoi ?

Pourquoi est-ce que Françoise convainc Dominique de faire ça ?

 

Partie IV

Pourquoi le père Merlier est-il irrité par Dominique ?

Qu’est-ce que le capitaine prussien demande à Françoise ?

Qu’est-ce que Dominique explique à Françoise quand elle le trouve ?

 

Partie V

Qu’est-ce qui arrive aux personnages principaux? Que représentent ces événements ?

Comment la nature et le moulin sont-ils transformés ? Quelle en est la signifiance ?

 

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Dernier mise à jour: 15/6/05

© Mason Dutton 2005